Dungeons III

Dungeons III

Depuis 1997, les jeux qui ont marché sur les traces de Dungeon Keeper ont été légions. Certains s’en sont mieux tirés que d’autres, ce qui est le cas des deux premiers Dungeons. Realmforge a sorti le troisième opus de série le 13 octobre dernier et on est tenté de vous dire que le jeu est meilleur que ses prédécesseurs, ce qui est vrai dans le fond, mais ça serait passer sous silence les défauts apparents du titre.

Retour dans les entrailles de la terre au côté du mal absolu et de ses ouvriers aussi nigauds qu’inefficaces. Cela fait seulement une année et des brouettes que le second épisode est sorti, et pourtant un vent de changement a soufflé dans le repaire des méchants. A défaut de nous apporter des nouveautés en matière de graphisme, Dungeons III se répand en contenu supplémentaire pour enrichir les possibilités stratégique. Après tout, c’est tout ce qu’on lui demande puisqu’on n’a aucun grief contre le style cartoonesque et bien sympathique à regarder du jeu. Donc concrètement, il y a plus de créatures, plus de pièges, plus de salles à aménager… bref, la même chose en mieux en quelque sorte.

Dungeons III
Creuser des trous, créer des salles et recruter des créatures est toujours le passe-temps favori du mal absolu

On n’est tout de même pas certain que Realmforge s’y prenne de la bonne manière avec de l’ajout de contenu en masse que les détracteurs pourraient qualifier de DLC caché. Le cœur du gameplay n’ayant pas changé dans Dungeons III, il s’agit toujours de créer des salles en profondeur afin de gérer votre domaine pour ensuite mener la guerre à la surface contre les forces du bien. Pas de nouveautés de ce côté-là, hormis un nouvel arbre technologique et c’est bien dommage, parce que c’est ici que l’on attendait un petit peu de neuf.

Il y a bien l’ajout notable de la méchanceté en guise de nouvelle mécanique, mais là encore, le constat est en demi-teinte. Voici donc une nouvelle ressource au même titre que l’or et le mana. Cette dernière ne s’accumule pas de façon conventionnelle, pour l’obtenir, il va falloir la conquérir de force à la surface de la terre en prenant des avant-postes aux armées du bien. Un bien joli concept qui sert en quelque sorte à jauger la progression de votre conquête à la surface. Le problème, c’est que cette ressource est incontournable pour le développement de votre antre et par conséquent, vous serez forcé de passer par la case conquête avant de pouvoir recruter certains serviteurs ou construire certains bâtiments. La conséquence directe est une certaine monotonie dans les débuts de partie qui est en totale contradiction avec l’ajout d’une ribambelle de nouveautés à utiliser.

Dungeons III
Capturer des avant-postes, c’est joli à regarder et c’est utile pour obtenir de la méchanceté, mais c’est justement très contraignant pour le développement de votre souterrain

Trop de vannes, pas assez d’originalité…

La monotonie, c’est d’ailleurs un peu ce qui caractérise la campagne du jeu qui n’est pas la plus inspirée du monde. Les missions, tout à fait banales, sont heureusement sauvées par la présence d’un mode coop et d’un niveau de difficulté supplémentaire. L’autre raison de faire la campagne est peut-être son humour, mais rien n’est moins sûr. La saga des Dungeons ne s’est jamais prise au sérieux et a toujours parodié la culture geek, Dungeons III n’échappe pas à ce constat et possède son lot de références au Seigneur des Anneaux, à Dragon Ball Z et autre Diablo… Cela pourrait être une partie mineure du jeu, mais les touches humoristiques sont tellement omniprésentes qu’elles en sont presque étouffantes. Et il vaut mieux être sensible aux vannes du jeu, au début le narrateur vous sert quelques blagues qui vous feront sourire, mais cela devient rapidement too much, à tel point que le jeu perd un peu en saveur à force d’insister sur le côté « blague geek ».

Une fois encore, c’est donc le multijoueur et les escarmouches qui ont la dure responsabilité de relever le niveau, chose que ces deux modes arrivent convenablement à faire mais sans plus. Il faut dire que Dungeons III ne se prête pas trop aux parties en ligne, celles-ci se résumant en fait à une course à l’accumulation de méchanceté entre 2 à 4 joueurs, tandis que les escarmouches consistent à abattre un boss à la surface de l’antre du mal. Ça occupe quelques instants, mais soyons honnête, la durée de vie du titre s’avère limitée en solo.

En résumé

« Mieux en tout, mais pas exempt de défauts » est une phrase qui correspond parfaitement à Dungeons III. L’introduction de nouvelles unités, sorts, ressources et bâtiments nous donne envie d’y croire, mais on a du mal à apprécier la nouveauté tant le jeu ne sort pas des sentiers battus avec ses mécaniques, en plus du fait que la méchanceté est un concept mal exploité et des problèmes évidents de narration. On ne serait pas loin de dire qu’il s’agit d’une version 2.0 de Dungeons 2, malgré les efforts de Realmforge.

Laisser une réponse