Battlefleet Gothic : Armada

Armada

La longue période de bêta de Battlefleet Gothic : Armada (BFG pour les intimes) s’est enfin achevé et il est l’heure du verdict pour le titre de Tindalos Interactive qui est désormais disponible dans sa version définitive. Inutile d’épiloguer sur le fait que BFG est un nouveau jeu qui nous vient tout droit de la très productive licence Warhammer. Cependant on peut dire que, hormis les deux opus de Dawn of War, le jeu de plateau de Games Workshop n’a pas donné naissance à beaucoup de bons titres. Alors que vaut notre fameuse armada en terme de RTS de qualité et surtout qu’apporte-t-elle à ce genre qui nous est cher ? Si l’on se fit aux augures de la flotte, nous avons à faire à un jeu de grande qualité.

Un saut warp après cette introduction, vous voilà au cœur du secteur gothique, un endroit bien sombre ou l’espèce humaine s’est réunie au sein d’une faction appelée l’Impérium. Mené par un empereur immortel qui a pour passe-temps de fanatiser ses sujets, l’impérium ne s’est pas fait que des amis dans ce secteur. Un certain Abbadon, seigneur des armées du Chaos, prend d’ailleurs un malin plaisir à déchainer ses armées corrompues sur les mondes de l’empire. Ajouter à cela la présence d’aliens comme les orks ou les eldars et vous avez là un beau foutoir galactique, assez représentatif de l’univers Warhammer 40K.

Vous, humble joueur, incarnez l’amiral Spire, un gradé de la flotte impériale qui est sur le point d’assister à la douzième croisade noire. Et c’est dans ce contexte que démarre votre campagne. Vous avez à faire à un jeu qui mise beaucoup sur son scénario alors que ce n’est clairement pas la règle en ce qui concerne les RTS. La campagne se déroule en plusieurs actes comprenant chacun plusieurs cinématiques et dessins animés. Le tout reste assez sobre, mais l’ambiance qui se dégage de ces scènes est bien maîtrisée. C’est sans nul doute un élément qui fera palpiter le cœur des fans de Warhammer.

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Armada 2

Armada 3

Décollage en douceur

Vos premiers pas dans le secteur gothique seront très certainement laborieux, mais la bonne nouvelle c’est que le jeu vous tiendra la main assez longtemps pour vous laisser le temps de progresser et de découvrir le contenu de la campagne. Après une rapide découverte de votre vaisseau et de son comportement, vous apprenez les règles élémentaires d’une bataille spatiale dès votre deuxième mission. Battlefleet Gothic : Armada n’a rien d’un 4X, pas de ressources à gérer ou de bâtiments à construire, la seule et unique préoccupation que vous devez avoir, ce sont vos vaisseaux et votre micro-gestion. Au début de chaque partie, il vous sera simplement demandé de déployer vos unités dans la zone prédéfinie puis de les faire attaquer la flotte adverse. N’allez pas vous faire des films cependant, les batailles se dérouleront sur un seul et même plan sans prendre en compte la profondeur apporté par l’espace. Et ce n’est pas plus mal au final, puisque la gestion de la profondeur aurait été un vrai cauchemar aussi bien pour les développeurs que pour les joueurs. On se retrouve donc avec des batailles spatiales qui sont en faites plus proches de batailles navales et grâce à ça, on y gagne en clarté.

Nous n’avons pas fini de détruire vos rêves, puisque nous vous affirmons que vous ne commanderez pas une centaine de vaisseaux à la fois. Pour commencer vous en aurez trois et c’est déjà bien assez. Chaque vaisseau doit être géré avec une attention particulière puisqu’il y a une grande quantité de capacité à utiliser et de paramètres à prendre en compte. Des torpilles en passant par les ordres spéciaux, sans oublier l’éperonnage ou encore les actions d’assauts… ça en fait des choses à penser. Sachant que tous ces paramètres dépendent la plupart du temps de votre positionnement, vous allez passer beaucoup de temps à déplacer vos vaisseaux pour en tirer le meilleur parti. Si vous passez les premières missions avec brio, vous aurez l’opportunité de lancer des missions avec plus de trois vaisseaux. Cela dépendra du nombre de points de déploiement attribués en début de partie, mais également du type de vaisseaux qui constitue votre armada.

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Voici un exemple de l’interface de bataille.

Une campagne prenante et inventive

Une fois le jeu bien en main, vous et votre flotte allez pouvoir vagabonder dans le secteur gothique au gré de votre campagne. Mais n’allez pas croire que vous allez tranquillement vous laissez porter de missions en missions. Battlefleet Gothic : Armada a un système de campagne assez innovant dans l’univers des RTS, et pour cause, c’est du jeu de plateau dont s’inspire celui-ci. Votre aventure va en fait se dérouler au tour par tour. A chaque nouveau tour vous pouvez lancer un nombre limité de missions dont les objectifs sont assez variés. Vous pourrez par exemple participer à la défense d’un convoi ou au contraire, envahir un monde en détruisant ses stations de défenses. Certaines missions dites prioritaires devront absolument être réalisées pour faire progresser l’histoire, mais pour le reste vous avez carte blanche.

Le problème c’est qu’il y a beaucoup à faire pour la flotte impériale et un ou deux déploiements par tour ne suffisent pas pour repousser les forces du Chaos, les Eldars et les Orks. Vous allez donc devoir choisir très sérieusement le théâtre des opérations, puisque chaque planète que vous attaquez ou défendez vous apportera un malus, si vous en perdez le contrôle. Si vous perdez par exemple un monde-forge, les améliorations (que nous verrons plus loin) coûteront plus chères. Et si une victoire permet d’améliorer la situation de l’empire, ne perdez pas de vue qu’une défaite envenimera encore plus les choses, et vous pouvez rapidement vous faire déborder par les menaces extérieures. Bref, les préparatifs avant chaque mission sont un vrai casse-tête. Mais les options stratégique apportées par ces choix et surtout l’originalité du concept sont un vrai plus pour un mode qu’on a tendance à zapper dans d’autres RTS.

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Un petit tour dans le secteur gothique ça vous dit ?

Pimp my ship

Entre deux batailles spatiale votre flotte ira prendre une pause-café loin des frontières de l’empire. Votre armada prendra ses quartiers à Port Maw un des rares endroits calme de la galaxie dans lequel vous accéderez à l’interface de personnalisation de la flotte. Vous allez aimer passer par ici puisque c’est à partir de cette interface que vous pourrez améliorer vos vaisseaux avec de nouvelle capacités, lui donné un meilleur armement ou encore recruter un meilleur équipage. Les stratégies que vous mettrez en place durant la bataille dépendront en partie des améliorations que vous choisirez au chantier naval. Bien entendu, le choix des upgrades sera cornélien vu qu’il y a une grande quantité de modules et autres renforcements à installer et que vos vaisseaux ne peuvent tout simplement pas tous les contenir.

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Ce coup-ci, l’interface d’amélioration de la flotte !

Soyons critique tout de même. Ce système d’amélioration vous semblera merveilleux la première fois que vous le découvrirez car il vous offre un large choix de stratégies à adopter. Mais non seulement ce système n’est pas très original dans son fonctionnement, mais en plus, les améliorations en question ne sont pas très différentes d’une faction à l’autre. C’est typiquement ce qui aurait pu faire une différence majeure entre les races du jeu (même si on sent déjà le côté asymétrique du gameplay de chaque faction). A la place, on ne trouve que quelque subtilités mais la majorité des upgrades sont similaires à toutes les races.

Un dernier mot sur la personnalisation de votre flotte : comme nous vous le disions précédemment il y a plusieurs catégories de vaisseaux allant des escorteurs aux cuirassés. Chaque catégorie possède différents modèles qui varient bien entendu selon la flotte que vous jouez. Et vous vous doutez bien que chaque modèle est drastiquement différent de l’un à l’autre. Un croiseur pourra par exemple tirer des torpilles, alors qu’un autre aura plus de canons, tandis que le dernier transportera des chasseurs et des bombardiers. En sachant tout ça à vous de choisir la catégorie et le modèle de vaisseau qui correspond le mieux à votre style de jeu. Choisissez également votre armada en fonction des points de déploiements. Comme vous pouvez l’imaginer, déployer un cuirassé coûtera beaucoup plus cher en point que des croiseurs et des escorteurs, et ce n’est pas toujours la bonne solution.

La croisade continue

Au-delà de la campagne et de la flotte impériale, il y a les parties solo contre l’IA et le mode multi. Le premier se divise en deux catégories, les parties personnalisées dans lesquelles vous lancez rapidement une partie contre l’IA avec les paramètres que vous avez déterminez. La deuxième catégorie, plus intéressante et appelée escarmouche, vous permet de gérer votre flotte de la même manière que dans la campagne avec tout ce qui concerne les améliorations dont nous avons parlez plus haut. Mais le plus beau dans ce mode, c’est que vous pouvez jouer avec n’importe quelle race, ce qui est en soi une bonne raison d’essayer ce mode juste après la campagne.

Le mode multi quant à lui vous donne la possibilité de rejoindre des parties en 1v1 ou 2v2 avec la même phase de préparation que le mode escarmouche dont nous venons de parler. Petit bémol par contre, le mode multi ne propose que des duels de croiseurs. Exit donc les missions variées et originales des autres modes. Par contre, on peut féliciter Tindalos Interactive pour la qualité de son multi. Non seulement celui-ci semble assez équilibré, mais en plus on ne déplore aucun lag sur les serveurs du jeu.

En résumé

Battlefleet Gothic : Armada est très bon, il n’y a pas à chipoter. Son atout principal est bien sûr sa campagne novatrice qui change le fonctionnement habituel et basique de ce genre de mode. Dans BFG, celle-ci est vivante et prenante, et elle nous donne envie de protéger le secteur gothique. Le mode solo et le multijoueur ne sont pas mauvais, mais à l’inverse, ils sont bien plus standards, ce qui n’est pas pour autant une critique négative. Les choix drastiques imposés par les améliorations de votre flotte sont bien pensés et cela aura un grand impact sur toute votre expérience de jeu. On peut trouver beaucoup de qualité à Battlefleet Gothic : Armada, mais parmi ses défauts on peut parler du manque différence entre les améliorations de chaque factions et du fait que la campagne, aussi intéressante soit-elle, ne peut se jouer qu’avec une seule faction. Mais même en cherchant la petite bête, les points négatifs de Battlefleet n’arrive pas à effacer l’excellente expérience de jeu que nous propose ce titre.

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